peignons la girafe.com vilain journaleux, gentil trublion

Édito

Peindre la Girafe, ce n’est rien faire d’efficace, faire quelque chose d’inutile, pisser dans un violon en somme…

Souvent unité d’inefficacité par excellence, parfois Milk-shake de la pensée chewing-gum, le web 2.0 marie trop souvent cette dichotomie : faire beaucoup avec du vide. Ou comment donner à tout le monde le droit de s’exprimer sur rien en 142 caractères. Et l’ère du buzz de nous balancer à la figure cette question : Qu’est ce qu’un blog aujourd’hui, sinon rien de plus qu’un agrégateur de flux narcissiques ?

Et pourtant ! ce RSS de l’égo est partout. Plus possible de s’être exprimé sans lui ces 5 dernières années ! Critiqué, mis à mal, d’aucuns ne reviendraient pour autant remettre en cause son utilité. Avis sur tout, visage partout, les éditocrates intelligents de Jacques Attali à Jean-Michel Aphatie ont su tirer les profits de sa substantifique moelle. Et comme les moins sages à son égard persistent à être les plus souvent fidèles, il n’est pas un jour qui passe sans entendre Frédéric Lefebvre nous parler de cette idylle. Son idylle.

D’autres le disent dépassé ? Oui ! Twitter lui a piqué la primauté. Mais, le twitt restera au web, ce que le SMS est à la conversation : une idée trop rapide, et partiellement  synthétisée. Un racolage passif avec volonté de nuire, dénué de toute responsabilité.

Depuis bien longtemps secondaire, l’idée ne permet plus à elle seule de finir chez Havas, la Rolex en prime. Passe encore pour le monde de la com’; mais à l’heure où tout le monde gazouille sur Twitter à défaut de manier le bon mot sur Facebookqui ose en effet encore se tenter à l’argumentation dépassant la ligne numéro 10 ? – la décennie buzz pourrait presque se résumer ainsi : Je « send » donc je suis.

Alors, pourquoi choisir – à nouveau – le blog ? Non ! je n’ai pas changé d’idée, il reste bel et bien subsidiaire : rien ne vaut le traditionnel débat endiablé, face à face. Loin de moi aussi l’idée d’être une girouette, je présume juste qu’au contraire le vent va tourner à nouveau, que l’opinion et l’argumentation primeront enfin sur la vitesse, même si tout cela ne doit rester qu’un vague terrain de jeu…

Sympathique représentant du début de l’ère numérique, le blog n’en demeure pas moins robuste voyageur du début du siècle. Et là où tout le monde le pensait éphémère cambrioleur, il fait toujours figure d’ancre solide, Facebook et Myspace n’ayant été que ses petits frères Low coast.

Signe qu’il n’a d’ailleurs rien perdu de son aura, Loic Le Meur, premier mohican du 2.0 en France, était lfin décembre – enfin ? – invité de David Abiker et son émission Parlons net sur France info

Dès lors, quitte à peindre la girafe ou à pisser dans un violon, autant le faire en famille, et avec plus de 142 caractères si possible…

Let’s fun !

Julien Peres

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